Phéromones pour une matrone qui déconne

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonté voilée et décadence

Sont tes pulpeux attraits,

Le Bamako, tu t’en balances,

Il est l’heure de prendre le thé.

 

Sans cesse, déesse, tu nous sécrètes,

Par de divines formules secrètes,

Tristesse, bassesse et maladresse,

Dans des poulets humains de Bresse.

 

Tu te vantes avec ta bonté,

Ce n’est qu’une acné achetée,

Rubis sur l’ongle au supermarché.

Pustules et bêtises de Cambrai.

 

Tes immondices, tu les masques,

Il est l’heure de jouer à la pelote Basque.

On t’associe à la suprême qualité,

Toi, ô perverse, daronne Humanité.

Nicolas Finet

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Fragrance délit

Voyez, Ô ! Sublime impératrice,

Comme vous défaillez face à vos cicatrices.

Elles vous parfument d’une candeur rance

Qui met en valeur votre faïence,

Elles suintent si joyeusement,

À travers le bas résille provocant.

Que vos yeux sont confondants,

Que mon épiderme est survoltant,

Que notre amour est mal payant !

Je me perds dans votre douceur âcre,

Contrairement à vous,

Elle n’est pas simulacre.

Nicolas Finet

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Architecture d’une jeune fille mal rangée

Un comportement de larve. C’est ça la douleur, la journée. Un peu de boulot mais pas beaucoup parce qu’on n’a pas la tête à ça. Et puis de l’ordi. Beaucoup d’ordi. Films, musique, facebook, tout, pourvu que ça occupe l’esprit. Un lavage de cerveau total. De la lecture, oui, mais que des policiers glauques et dénués de sentiments. Tout est là pour ne pas réfléchir à l’éphémère et au devoir. Parfois, ça ne suffit pas. Le soir, la douleur est tout autre. Le noir envahit la chambre et tout en elle devient ténèbres. Juste du noir. Le noir, elle ne le broie pas, elle l’aspire. Elle s’en goinfre. Jusqu’aux molécules du désespoir. Son horizon n’est plus une ligne mais une pointe aiguisée prête à transpercer la chair du premier venu. Plus de place pour la joie et l’espoir. Le soleil sur ses paupières ne parvient pas à lui redonner le sourire. Le vrai sourire, celui qui vient du cœur. Car son cœur saigne de partout. Il bat encore mais la clé est perdue – adieu, garrot sauveur. Ses émotions sont comateuses, ses sentiments sont épileptiques. Sa raison est déboussolée, seuls les mensonges tiennent le coup.

En peu de temps, son corps est devenu la muraille de Chine. Celle-ci finira bien par s’effondrer.

À moins qu’un prince ne vienne s’y emmurer.

Marine Aurouze

(Image tirée du film “Jeux d’enfants”)

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Urgence plaisir : TOUCHER LE PAQUET

 

Ma tête est vide et blafarde comme les allées de ce supermarché le soir, juste avant la fermeture,

A l’heure pâle où l’on ne rencontre que les paumés de la nuit et les bad boys en quête d’un bon coup,

Mes tempes, plus tendues que la peau d’une caisse claire, flashent à la moindre vibration,

Mes entrailles se consument à intervalles irréguliers du bas vers un haut-le-cœur comme un feed back pris de vertige,

Si j’en avais encore la force, je péterais bien toute cette armée de néons pour jedi de banlieue,

Leur lumière découpe en lamelles mes cornées comme une menace de cécité imminente…

Il m’en faut ! Suis prêt à me damner, à vendre une synapse pour quelques grammes,

Nul autre ne peut ressentir le climax de ce vide existentiel,

Quand je les aurai enfin entre les mains, si la Barbie qui encaisse s’interpose entre moi et la sortie,

Je l’exploserai au point que Ken devra prendre des cours de puzzle.

Oh, my God, ça y est, je les tiens… Le flux d’adrénaline inonde mon palais… Je déflore le paquet de l’orgasme : des Pépitos fourrés à la fraise !

 Le Concombre Masqué

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DIABA, CAP’TAINE À 10 ANS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la piste de terre ocre une bille roule
Comme ma vie d’enfant qui s’écoule
Ma poupée a les cheveux arrachés
Mon innocence s’est envolée
Le ciel se joue de mon cerf-volant
C’est mes 10 ans qui foutent le camp
Sur le tableau noir la craie crisse
Et c’est ma jeunesse qui dévisse
Bravant les crocodiles on se jette à l’eau
Ma mère me dit que je suis le plus beau
On me tire les cheveux longs et crépus
Les garçons sont idiots comme les zébus
La nuit je regarde le ciel étoilé
Où mes rêves bleus vont s’évader
La vie flâne sur la douceur du temps
Pourtant rien ne sera comme avant.

Ils sont arrivés en camions poussiéreux
Ont tué parents, villageois miséreux
Puis ils m’ont mis un fusil dans les mains
Et m’ont poussé sur les grands chemins…

Henri Gracia

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LE   MONOLOGUE  DES  FOUS

La distance qui sépare le fou qui se raconte à voix haute et le sage qui conte l’âme par monologues intérieurs est bien infime.

Le fou étoffe sa mot-dite vie

Le sage étouffe de mots sa vie

Ophélie Vincent


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Coléoptère accroché au mur du globe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le monde pullule de sains d’esprit

De paroles claires comme la nuit

De bons vers de bons fruits

De rêves doux comme produits

D’enfants sages trop cuits

 

On cherche sa place dans cette guimauve

On devient fauve parmi les chauves

Le bonus malus c’est d’avoir la vie sauve

La normalité est un critère mauve

 

Je suis le muet qui beugle

Le voyeur aux yeux des aveugles

Le fou qui soigne les cinglés

L’ordre moral qui est déréglé

La punaise triste épinglée

Nicolas Finet

(Image : Mark Ryden)

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