L’horloge perdue de l’amour

poésette à 5 mains, en passant

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Je passe les jours à tuer mes nuits.

Tu passes me prendre dans ton sac de couchage.

Je passe mes minutes à remettre les pendules à l’heure.

Tu passes ton temps à me rappeler notre mois de miel.

Je passe une semaine de 5 jours étouffé par les secondes.

Tu écrases les aiguilles sous le poids de ton ombre.

 

Et lorsqu’enfin tu entames ton chant

Je perds toutes les notions du temps

Notre passé disparaît dans un cliquetis sans bruit

Je compte les grains de la sablière

Glissant comme tes ailes

Dans l’hirondelle de l’oubli

 

Vincent Simionovici & Radu Bata

avec la participation d’Elfie Saccoman

et le très chouette dessin de Brice Liaud

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Aube poivre et sel

brice poème

mon ombre s’est perdue

errant dans les ténèbres

aveuglée par les songes

des brouillards funèbres

 

c’est que les ciels ont faim

une fois les nuages partis

ils grondent les montagnes

que le vent a polies

 

elles font grise mine aussi

si leurs pierres ne disent rien

le silence fait le vide

dans les plaines du matin

 
texte et photo : Brice Liaud

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Les Danseuses

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Ce matin un homme a pleuré

Ses larmes ne sont pas tombées

Elles fondaient sous le ciel doré

Les danseuses qu’il a créées

 

Les émois brillaient dans ses yeux

Comme une ballerine sur scène

Elles faisaient étinceler ce feu

Les danseuses riantes de la peine

 

Il flotte car longue est l’infortune

Mais suit son étoile d’espoir

Pendant que sous la blanche lune

Les danseuses jouent dans le noir

 

Ce matin l’homme s’est réveillé

Il croyait pouvoir survoler

Mais ses larmes n’étaient pas séchées

Dans les bras des danseuses de Morphée

 

Guillaume Nicolussi Castellan

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Transhumance

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    je sens ma vie s’étirer

    et les pétales de l’ivresse

    se contracter

    comme les muscles

    de mon bras écrasé

    cherchant à retenir

    ta fragrance embrasant mon sein

    Oh ! Achève-moi !

    ne me laisse pas couler

    dans ton désir coagulé

    emporter par la bise

    d’une saison compromise

     

    l’hiver vient

     

    Amina Tsougaev

     
     
  •  

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Les gouttes blanches de la vie

dessin Elfie
Il pleuvait aujourd’hui. Je restais sans bouger allongé sur le dos, noyant mon âme dans l’averse. Il n’y avait aucun bruit, le clapotement de l’eau tombante ne parvenait plus à mes oreilles, mon cœur ne battait plus, mes poumons ne servaient plus qu’à me faire souffrir, je ne cherchais plus l’air, je ne cherchais que le sommeil, les yeux ouverts sur un ciel gris et un soleil invisible.
La brume noire autour de moi s’épaississait, s’étendait comme un parapluie, retombait sur moi comme une couverture, m’enfermant dans un cercueil flou, m’enfermant dans le vide.
Je te vois, ne te cache pas, viens à moi, toi, grande ombre sans formes, ténèbres dans les ténèbres, toi, es-tu celle qu’on appelle la Grande Faucheuse? Oui, c’est toi, ne dis rien, je te reconnais derrière ton voile de nuages.
Elle approche, sans vraiment bouger, elle me soulève, sans vraiment que je bouge, ses mains qui n’en sont pas me tiennent sans le faire vraiment, ni froides ni chaudes.
Le papier noir se déchire et à travers le trou lumineux, je vois l’avion, je vois les lumières, j’entends les hurlements, je me vois courir, je me vois me jeter dans la gueule des armes, je me vois me battre contre d’autres outils humains, avancer, je me vois poursuivi, je me vois transpercé par un coup de tonnerre, et enfin je me vois tomber sur le sol impitoyable, la voilà, la terre boit mes veines et la pluie lui nettoie la bouche.
Servi sur un lit d’herbes, assaisonné de poussière, couvert de boue.
La brume recoud le trou, l’obscurité dévore mes restes.
Mon nouvel univers devient blanc ; enfin, je ferme mon esprit et le laisse se désintégrer dans les bras de cette fatalité étrange.
Je m’en vais avec la Mort aux doigts que je ne savais blancs.
Je croise les miens pour ma prochaine existence.

Elfie Saccoman
Illustration : Brice Liaud

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Qui a dit ?

le mouton de Maurine

Qui a dit ?

Qui a dit que ceci ou cela fut décrété avec impartialité ?
Qui a dit que nous devions être comme Dieu nous a faits ?
Qui a dit que le monde est plus viril avec des gens fusillés ?
Qui a dit que ces jolies platines devaient être libertines ?
Qui a dit que les lunettes ne faisaient que des coquines ?
On nous dit, on exécute, et c’est Mozart qu’on assassine.

Qui a dit que la précocité était un mal ?
Qui a dit que la jeunesse devenait anormale ?
Qui a dit que pour réussir il faudrait être mâle ?
Qui a dit que les ados étaient à jamais dévergondés ?
Qui a dit que les sextas ne savaient plus s’amuser ?
On nous impose, on nous modèle, comme des moutons déréglés.

Qui a dit que l’élégance devait ressembler à une danseuse ?
Qui a dit que la vulgarité s’associait à des formes généreuses ?
Qui a dit que la morale n’est pas une nébuleuse ?
Qui a dit que mâle et femelle étaient la norme ?
Qui a dit qu’être beau signifiait avoir la forme ?
On se soumet, on nous programme, le pataquès est énorme.

Qui a dit qu’un homme qui pleure n’aime que ses congénères ?
Qui a dit qu’une femme aimant le lit ne vaut pas le réverbère ?
Qui a dit qu’un enfant n’est prévu que pour les chimères ?
Qui a dit que l’étranger commençait à devenir bordélique ?
Qui a dit que le noir suggérait le trait gris psychotique ?
On nous dit d’avaler, on boit des nuages apocalyptiques.

Une planète parano, avec de faux docteurs pour que tu vives mieux
Avec des dessinateurs de vie ayant des problèmes de proportions

Maurine Gaudin

illustration : Brice Liaud

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La Capucine

fleurs, etc
Une pâle lueur
Dans ces sombres collines
Pousse une divine fleur
Aux feuilles cristallines

Ondoyant sa corolle
Comme une robe irréelle
Dans cette clarté folle
Émanant du ciel

Et pleurant au matin
Les larmes du soleil
Sous les feuilles vermeilles
De l’érable serein

Dans le vent dans le noir
L’arbre courbe l’échine
Alors tranquille la capucine
Laisse briller son espoir

Elle allonge les pétales
Comme des lèvres divines
Je boirais cette vestale
Du calice à la racine

Guillaume Nicolussi Castellan

illustration : Devis Grebu

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